A story of love and desire | Leyla Bouzid in the heart of the first feelings of love

Telling about the romantic encounter between a young Tunisian woman who came to study in Paris and a young Frenchman who knew virtually nothing about Algeria, the country her parents came from, Leyla Bouzid did not expect to find such a strong one. echo. A story of love and lust would it meet a collective need? Interview.

Posted at 14.00.

Marc-Andre Lussier

Marc-Andre Lussier
The press

The stories of sentimental education have always nurtured literature and film and often borrow a young girl’s point of view. Rarely the other way around. For her second feature film, Leyla Bouzid (I barely open my eyes) chose a different perspective by making a young man the focus of his attention.




« Je ne m’attendais pas à ce que mon film voyage et s’exporte à ce point-là ! s’étonne la réalisatrice lors d’un entretien en visioconférence accordé à La Presse. On ne raconte jamais les premiers émois de jeunes hommes, encore moins quand ils sont timides et que les choses ne vont pas de soi. On s’interroge beaucoup sur la féminité et les nouvelles façons de la représenter, mais la masculinité est aussi en quête de nouvelles représentations. Je crois que ce film vient peut-être combler un manque. »

La poésie arabe

Au centre de cette histoire, Ahmed (Sami Outalbali), un jeune homme de 18 ans. Poursuivant ses études à La Sorbonne, ce Français issu des banlieues, dont les parents sont algériens, s’intéresse en outre à la littérature arabe. Sa découverte d’une poésie très riche, au langage amoureux très évocateur, coïncide avec sa rencontre avec Farah (Zbeida Belhajamor), venue récemment de Tunis pour étudier à Paris. À travers leur relation, la cinéaste déboulonne une ou deux idées reçues au passage.


PHOTO FOURNIE PAR K FILMS AMÉRIQUE

Zbeida Belhajamor et Sami Outalbali dans Une histoire d’amour et de désir, un film de Leyla Bouzid

« J’ai souhaité montrer un portrait plus juste d’une culture qui, aujourd’hui, nourrit plein d’amalgames et de simplifications, explique Leyla Bouzid. On confond la culture arabe et la religion dans la pensée collective, comme si les nuances n’existaient plus. »

J’avais envie de mettre un coup de projecteur sur un pan de cette culture, notamment la sensualité qui la caractérise. Je sentais qu’il pouvait se passer quelque chose de très fort quand Ahmed découvre ces textes, que vient cristalliser la rencontre avec Farah.

Leyla Bouzid, réalisatrice

Une franche volonté d’érotiser le corps masculin, chose beaucoup plus rarement faite au cinéma, était aussi au cœur du projet. Sans aucune complaisance, la cinéaste a filmé son héros de telle sorte que cet aspect de sa personne soit également bien évoqué.

« C’est ce que j’ai expliqué à Sami dès notre première rencontre dans un café. Je lui ai très clairement signifié qu’il serait filmé comme un objet de désir. À l’époque, la série Sex Education ne l’avait pas encore fait connaître. Sami milite aussi très fort pour une nouvelle représentation de la masculinité. Il a adhéré tout de suite à la proposition. »


PHOTO FOURNIE PAR K FILMS AMÉRIQUE

Leyla Bouzid présente Une histoire d’amour et de désir, un film qu’elle a écrit et réalisé.

Construire une œuvre

Fille du cinéaste tunisien Nouri Bouzid (L’homme de cendres, Les épouvantails), Leyla Bouzid se dirigeait d’abord vers les métiers de l’image, mais c’est en arrivant à Paris que le goût pour la réalisation s’est développé.

Ça s’est précisé assez vite. J’ai passé le concours de la FEMIS [l’école de cinéma en France] in realization. It is a feeling one feels, from which arises a desire to say things. It is also quite special because you still have to build a very strong self-confidence while being attacked by a permanent doubt. With practice we will find a balance!

Leyla Bouzid

In her native Tunisia, a country in the Arab world where women have more important rights than others (“But not enough yet!”, She clarifies), Leyla Bouzid was able to follow some models of female filmmakers, including Moufida Tlatli (men’s season), disappeared last year. Of course, she welcomes the recognition that several directors have recently received in the circle of major festivals and awards ceremonies, but she believes that the game has not been won yet.

“This phase of change is necessary and beneficial, but still embryonic. Although female directors are now winning awards at major festivals, it is still a fact that few of them find themselves selected in official competition. I dream of the day when we find more more than a dozen directors with long careers on more than 20 films, which we find among directors. Constructing a work over time is the next challenge for female directors. ”

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